Mindfulness Aix-en-Provence

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Tout savoir sur Milton ERICKSON & l’Hypnose Ericksonienne

Mis à jour : 16 sept 2019


Tout savoir sur Milton Erickson

Dans les années 50, le psychiatre américain Milton Erickson (1901 – 1980) va développer des procédés majeurs sur l’utilisation de l’hypnose dans le contexte de la psychothérapie. Son approche présente la particularité de substituer aux traditionnels procédés directifs employés pour utiliser l’hypnose, des méthodes beaucoup plus souples pour le sujet.

Milton Erickson met en avant le rôle fondamental du subconscient, qu’il considère comme un véritable réservoir de ressources à disposition du sujet pour son développement personnel. Il pose les bases de l’hypnose moderne, c’est pourquoi celle-ci est dite "Ericksonienne", en référence à ce praticien inventif hors pair, aux dons d’observations légendaires. Celui-ci a su promouvoir l’efficacité de méthodes écologiques dans lesquelles les techniques thérapeutiques sont apportées avant tout par les sujets eux-mêmes, ce qui rend chaque séance unique.

Peu de temps après, Alfonso Caycedo développe la sophrologie, qui est un peu la petite sœur de l’hypnose. Il s’agit également d’une approche plus douce, avec une image neuve qui fait moins peur.


Milton ERICKSON : Son Histoire …


Né dans le Nevada aux États-Unis, Milton Erickson était un enfant daltonien, dyslexique, éprouvant de grandes difficultés à reconnaître les sons. Il contracta une grave poliomyélite à l’âge de dix-sept ans. Complètement paralysé, il lui était seulement possible de parler et bouger les yeux. Pendant cette période difficile, il fut soigné par une infirmière qui préconisait les enveloppements chauds, des massages et la mobilisation des membres paralysés, avec la participation du patient.

Ce dernier point jouera un rôle fondamental, décidant Milton Erickson plus tard à surmonter par lui-même son handicap. Il développa ainsi une méthode de concentration mentale, basée sur un mouvement minimal pour progressivement arriver à refaire fonctionner ses muscles. Profitant de toutes les occasions possibles pour s’exercer, sa persévérance porta bientôt ses fruits : il lui fût bientôt possible de marcher avec des béquilles, puis de tenir en équilibre sur un vélo. Il finit par faire tout seul une randonnée en canoë durant tout un été, avant d’entreprendre des études de médecine.

Milton Erickson devint psychiatre à l’université du Wisconsin en 1920 et commença très vite à étudier l’hypnose, dès 1923, qu’il apprit seul. Ses talents d’observation étaient véritablement légendaires.

En plus de ses activités thérapeutiques, il poursuivit une carrière universitaire et se maria en 1936, marchant alors à l’aide d’une canne. Sa vie fut constamment marquée par de récurrents problèmes de santé : en 1947, à la suite d’une injection de sérum antitétanique, il contracta une grave maladie suivie de nombreuses rechutes. Les hivers froids et humides du Michigan aggravant son état, il partit s’installer définitivement à Phoenix, dans l’Arizona, ce qui lui valut plus tard le surnom de « Sage de Phoenix ».

Durant les années 1950, malgré sa santé précaire, il continua de mener de front ses travaux thérapeutiques auprès d’une importante patientèle privée et d’animer régulièrement des conférences et des séminaires, qu’il donnait un peu partout en Amérique et à l’étranger.

En 1953, un épisode de poliomyélite l’affaiblit de nouveau, qui le conduisit progressivement à utiliser un fauteuil roulant pour se déplacer. Il cessa définitivement de voyager en 1969.

Les dernières années de sa vie sont marquées par un affaiblissement progressif de sa santé qui le contraint à cesser toute activité thérapeutique en 1974 ; il ne fût bientôt plus capable de quitter son fauteuil. Malgré ces lourdes épreuves, il débordait d’enthousiasme, pratiquait quotidiennement l’autohypnose pour soulager ses douleurs : il finit même par déclarer que la poliomyélite était le meilleur professeur qu’il ait jamais eu. Il s’éteint en 1980, à l’âge de 78 ans.

Ses travaux ont véritablement révolutionné l’hypnose thérapeutique et on gardera de lui la mémoire d’un découvreur à la personnalité obstinée, inventif et tenace, avec un grand sens de l’humour.


Guide Pratique de l’Hypnose Ericksonienne !


L’hypnose Ericksonienne est une approche dite « utilisationnelle », c’est-à-dire qu’elle fait constamment appel aux ressources individuelles de chacun. Il s’agira donc au cours de la démarche thérapeutique d’adapter les techniques à la personne et non l’inverse.

Si chacun est unique, chaque séance l’est également et même si des trames d’induction hypnotique existent, elles ne doivent en aucun cas être lues en tant que telles mais adaptées à la personne avec qui elles sont utilisées.

Tout individu fonctionne selon son propre rythme pour entrer en état modifié de conscience et chacun aura des ressources différentes, même dans le cas d’une problématique similaire.

Par exemple, dans le cas d’un travail de sevrage tabagique, chaque sujet aura ses propres motivations pour arrêter de fumer : si certains le souhaitent pour leur santé, d’autres y verront un moyen d’économiser de l’argent pour réaliser des désirs qu’ils pensent inaccessibles tant qu’ils demeurent fumeurs. D’autres encore privilégieront l’arrêt pour faire plaisir à leur compagne (ou compagnon) ou pour donner un exemple qu’ils croient meilleur à leurs enfants.


Le praticien devra donc constamment s’adapter à la personne qu’il reçoit et choisir les techniques les plus appropriées du début à la fin de la thérapie, aussi bien pour l’entretien que pour la mise en état modifié de conscience et les techniques de travail.


Le Tri Sur L’autre

Durant toute la thérapie, le praticien doit être en tri sur l’autre, c’est-à-dire totalement ouvert à la réalité de l’autre. Il est positif de se montrer intéressé, à l’écoute et surtout capable de laisser ses idéaux aussi bien que ses difficultés personnelles de côté.

Si parler de soi durant l’entretien n’est pas totalement à proscrire, car cela peut parfois contribuer à la création du lien de confiance, il est vivement conseillé de le faire avec parcimonie et pertinence pour servir des objectifs précis, en l’occurrence ceux de l’autre et non les siens.

La Neutralité Bienveillante

Le praticien doit également faire preuve de neutralité bienveillante, c’est-à-dire se montrer compréhensif et accepter que le point de vue de l’autre diffère parfois radicalement du sien. Il est donc positif de veiller à éviter toute forme de jugement, d’aborder ou de se laisser entraîner sur des sujets sensibles tels que la politique ou la religion.


Garder à l’esprit que si peut-être, la vérité est une, elle présente souvent de multiples facettes. Une attitude tolérante, ouverte d’esprit est toujours bienvenue et facilite grandement le rapport avec les autres. D’ailleurs, ce n’est pas parce que le praticien est à même de comprendre et concevoir les croyances d’autrui qu’il doit nécessairement y adhérer.


La neutralité est importante car elle préserve aussi le praticien. Si bien-sûr, celui-ci doit se montrer sincère et bienveillant envers l’autre, il doit en revanche éviter de se laisser déborder par les difficultés de l’autre (sympathie excessive) ou de se positionner comme un “sauveur”, ce qui peut à terme briser l’équilibre de sa personne, dont les séances ont plus que jamais besoin.

Le praticien n’est pas un sauveur, mais un professionnel utilisant des techniques pour accompagner l’autre à ce qu’il puisse effectuer un travail par lui-même sur lui-même.

La Position Basse

Faire preuve d’humilité et de simplicité est gage de qualité dans l’exercice de toute profession thérapeutique. La position basse, à l’écoute, incitera toujours l’autre à se livrer bien davantage que dans le cas contraire : il est souvent irritant, même dans la vie quotidienne, de rencontrer des personnes dont on a l’impression qu’elles « savent tout ».

La communication est souvent chose complexe et formaliser une pensée avec des mots parfois difficile, d’où la nécessité d’inciter au maximum l’autre à expliquer plus avant, car qui donc est le praticien pour prétendre connaître la réalité de l’autre ? Le thérapeute ne doit donc pas craindre d’admettre son ignorance sur certains sujets, mais encourager la personne à développer davantage.

L’interprétation hâtive et les certitudes sont à bannir, tant les risques de projection de sa propre réalité ou de lecture de pensée sont importants. Se garder donc de tout préjugé, appréhender l’autre de manière humble et attentive permettra de décortiquer sa problématique en profondeur et de lui proposer des objectifs de travail congruents et écologiques.

L’Écoute Active

Le praticien développe une écoute active, il réagit et rebondit en rapport à ce qui lui est présenté pour décortiquer et préciser au mieux les choses.

L’entretien n’est pas unilatéral : le praticien se sert de ce qu’énonce le sujet pour l’accompagner à désactiver des croyances susceptibles de le limiter, mettre en avant ses ressources et créer un climat positif favorisant les changements.

La Flexibilité Comportementale

Le praticien s’adapte constamment aux sujets qu’il rencontre pendant ses séances et s’efforce d’établir un bon lien de confiance.

En effet, la façon de s’y prendre diffèrera souvent fonction de l’individu : entre un adolescent et une personne âgée, entre un homme d’affaires accompli et une personne en difficultés financières, etc.

Le praticien est avant tout l’outil qui s’adapte à chacun et qui met ses techniques, ses savoir-faire et savoir-être au service des besoins de l’autre.