MBSR EN ENTREPRISE : POURQUOI UN TEL SUCCÈS ?

L’Oréal, Siemens, Ford ou encore Google. Aujourd'hui, les entreprises en France et à l'étranger se mettent à la pleine conscience avec le programme MBSR : Mindulness Based Stress Reduction.


Comment expliquer cet engouement pour une pratique vieille de plus de 2 millénaires ?


Cet article vous propose un voyage dans le temps pour comprendre l’histoire de la Mindfulness (méditation de pleine conscience) et les raisons de son succès.



La pleine conscience : les origines


Si aujourd’hui la pleine conscience rencontre un intérêt grandissant grâce notamment à Jon Kabat-Zinn qui a initié en 1979 le programme Mindfulness Based Stress Reduction (Réduction du Stress Grâce à la Pleine Conscience), l’origine de l’enseignement de la pleine conscience remonte à plus de deux millénaires. Le Bouddha qui a vécu au VIe siècle av. J.-C. fut l’un des personnages historiques qui contribua le plus à éduquer sur l’importance de vivre en conscience. Son enseignement reste aujourd’hui toujours aussi profond et pertinent.


C’est donc au début des années 1980, que John Kabat-Zinn développe aux Etats-Unis un programme d’entrainement à la pleine conscience pour aider les personnes souffrant de stress et de maladies chroniques. Ce programme a pour particularité d’être laïc (il ne fait pas référence à des aspects religieux. Sous le nom de MBSR, il a connu un développement important en Amérique du Nord et en Europe.


Une vingtaine d’année plus tard, MBSR a été repris par trois chercheurs psychothérapeutes, Zindel Segal, John Teasdale et Mark Williams, qui développaient un programme de prévention de la rechute dépressive. Ils ont complémenté le programme MBSR avec des éléments de thérapie comportementale et cognitive et ont rédigé un manuel très détaillé. C’est ainsi qu’est apparue la thérapie cognitive basée sur la pleine conscience (MBCT). Depuis, ce programme a été décliné dans différentes adaptations pour différents types de problèmes.



MBSR : Qu’en est-il vraiment ?


Le secret des New-Yorkaises pour gérer le stress, haut la main, réside dans quatre lettres magiques : le MBSR ! Basée sur des techniques issues de la méditation et du yoga. Bien plus qu'une détente physique, cette approche vise un profond bien-être physique et mental !​


C'est un programme structuré qui tire ses influences de deux grands courants : celui des traditions méditatives orientales (pratique bouddhiste de vipassana et yoga) et celui de la science occidentale (médecine et psychologie).


Les participants apprennent à reconnaître leurs réactions habituelles aux difficultés et à adopter une attitude d’acceptation et de non jugement envers toute expérience, y compris les sensations, pensées, émotions ou comportements difficiles.


Le programme repose sur un entraînement intensif à la méditation de Pleine Conscience et sur son intégration dans la vie de tous les jours. Les participants développent leur capacité à prendre soin d’eux et à trouver une meilleure qualité de vie.



Quelle est sa véritable action sur le stress ?


Ce programme de méditation ne vise pas à remonter aux origines profondes du mal-être des patients, mais à modifier leur comportement face à la « tourmente » de la vie.


Plus précisément, il s'agit d'un protocole curatif visant à réduire le stress en modifiant la façon dont les patients répondent aux pressions et limitations qu'ils subissent, qu'elles soient physiques ou psychologiques. Il se développe sur huit semaines, à raison de quarante-cinq minutes par jour. Les participants s'engagent pendant cette période à porter toute leur attention sur leurs sensations, émotions et pensées, sans chercher à les changer.


À l'aide de différentes techniques de méditation assise (dégustation d'un raisin, attention portée sur la respiration, sur les sensations corporelles, sur l'écoute d'un son…) et parfois de postures corporelles (yoga), l'attitude recherchée est celle d'un observateur neutre, qui ne porterait pas de jugements sur ce qui se présente à lui, d'instant en instant, même si les sensations, émotions ou pensées sont pénibles, voire douloureuses.


L'objectif n'est toutefois pas de s'entraîner à résister à la douleur, mais de la vivre comme elle se présente. Un entraînement à « être » plutôt qu'à « faire », précise le médecin dans l'extrait ci-contre, convaincu que ce programme peut aider à vivre un sentiment de plénitude, qu'il associe à une réelle « guérison » – non pas des maladies comme telles, ni de la « tourmente » qu'il juge inhérente à la vie, mais du sentiment de détresse qu'elles génèrent.



MBSR : Son entrée prodigieuse dans les entreprises


De nombreuses entreprises et organisations publiques mettent en place des programmes de formation à la pleine conscience. Pour ne prendre que quelques exemples marquants, une étude de 2014 a estimé à 100 millions de dollars les sommes investies dans la recherche sur la pleine conscience par l’Institut national pour la santé américain (Harrington 2014). Les hommes politiques tels que le membre du congrès américain Tim Ryan, promeuvent la pleine conscience comme un paramètre clé dans la santé préventive.


Sur le plan des institutions privées, de nombreuses organisations se sont lancées dans la mise en place de formation à la pleine conscience. C’est le cas de Google, Goldman Sacks, Ford Motor, Aetna pour n’en citer que quelques-unes, qui ont formé des milliers de managers et de salariés à des programmes de réduction de stress, dont le plus connu est le célèbre programme MBSR.



MBSR : Parfois controversé !


Malgré son énorme succès, la MBSR fait l'objet de débats sur ses bénéfices réels et sur sa prétendue universalité : est-il vraiment possible de « faire tenir » assis, en méditation, un dépressif profond quarante-cinq minutes par jour ? C'est pour mieux traiter cette pathologie qu'avec les Britanniques Mark Williams et John Teasdale, le psychologue canadien Zindel Segal a fait évoluer la pleine conscience vers la MBCT (Minfulness-Based Cognitive Therapy).


Destinée à des dépressifs en rémission qui redoutent une nouvelle crise, cette thérapie est aujourd'hui pratiquée à l'hôpital Sainte-Anne, sous la direction du psychiatre Christophe André, lui-même auteur de plusieurs ouvrages sur la pleine conscience. Le succès de ces approches est tel que le mot « méditation » a changé de sens. Jusque-là, en Occident, méditer consistait plutôt à réfléchir aux grandes questions sur la vie, la mort, l'origine du monde ou Dieu…



Google, un exemple à méditer ?


« Search inside yourself » : chaque année, les salariés de Google sont invités à suivre cette célèbre formation à la méditation, animée par Chade-Meng Tan.


Né chez Google et basé sur la science du cerveau, Search Inside Yourself (SIY) est un programme interactif utilisant les pratiques de Pleine conscience pour développer l’intelligence émotionnelle au travail. Au milieu de la complexité, cette formation permet aux managers de se connecter à leurs ressources internes pour renforcer performance, leadership et bien-être au travail et propose des outils pratiques.


Il provoque un tel engouement que les collaborateurs Google participent en masse à la formation. Depuis des milliers de personnes ont été formées dans le monde.



Attention à l'injonction au bonheur !


Par ailleurs, on voit de plus en plus d’indépendants ou de start-up proposer des services toujours plus innovants pour inciter les salariés à méditer. Une bonne idée, qui peut cependant aller contre les principes de la méditation si elle est mal appliquée. Cette discipline vise en effet à permettre aux individus un retour à soi et au moment présent, afin de mettre en veille les problèmes mis en avant par le “mental” (en d’autres termes, par le cerveau qui pense, analyse le passé et anticipe l’avenir, et qui est la principale source de mal-être).


La méditation ne connaît pas les notions de performance, d’efficacité, de compétition. C’est une pratique individuelle, volontaire, basée sur la bienveillance et l’absence de jugement. Dans ce cadre, inciter les salariés à méditer pour augmenter leur bien-être et leur productivité (ce qui est la promesse faite par les formateurs et start-up vendant des solutions “méditation”) peut facilement ressembler à une injonction au bonheur.


Or, se sentir obligé d’être heureux a des effets contre-productifs sur le bien-être réel. Alors comment proposer la méditation aux salariés qui le désirent tout en évitant de l’instrumentaliser ?


Mindfulness Aix-en-Procence vous accompagne dans cette démarche. Parce que oui, proposer une pratique méditative à ses salariés est une bonne idée. Mais il est nécessaire que celle-ci soit mise en place dans un cadre qui permette vraiment ses bénéfices.


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